Horizon Europe pour la biodiversité : financer la recherche et l'innovation au service du vivant

Le Cluster 6, le partenariat Biodiversa+ et les actions Widening ouvertes aux régions ultrapériphériques font d'Horizon Europe un levier pour les projets de biodiversité à composante recherche. Et après 2027 ?

Quand on pense au financement européen de la biodiversité, LIFE vient d’abord à l’esprit. Un autre programme, bien plus vaste, finance pourtant des projets liés au vivant : Horizon Europe. Sa logique est différente, centrée sur la recherche et l’innovation. Pour un projet qui comporte une dimension de connaissance, de méthode ou d’expérimentation, il peut constituer un levier puissant, à condition de savoir où s’y loge la biodiversité.

Qu’est-ce qu’Horizon Europe ?

Horizon Europe est le programme-cadre de l’Union pour la recherche et l’innovation sur 2021-2027, établi par le règlement (UE) 2021/695. Après la révision à mi-parcours du cadre financier pluriannuel, son montant indicatif est de 93,5 milliards d’euros, dont 5,4 milliards issus de NextGenerationEU selon la fiche du programme. Au lancement, le budget annoncé était de 95,5 milliards d’euros.

Le programme est géré par la Commission et ses agences, et ses appels sont publiés sur le portail européen des financements. La compétition y est exigeante et la plupart des projets se montent en consortium, à l’échelle de plusieurs pays. Les taux de financement sont élevés : 100 % pour les actions de recherche et d’innovation, 70 % pour les actions d’innovation, sauf pour les organismes à but non lucratif, qui restent à 100 %.

Où se loge la biodiversité ?

La biodiversité relève principalement du Cluster 6 du deuxième pilier, intitulé « Alimentation, bioéconomie, ressources naturelles, agriculture et environnement ». Selon le portail français Horizon Europe, ce cluster vise notamment à protéger l’environnement et à restaurer, gérer et utiliser durablement les ressources biologiques et naturelles, terrestres, continentales et marines. Ses programmes de travail comportent des appels dédiés à la biodiversité, identifiés par le code « BIODIV ».

La Commission indique que, par ses programmes de travail, Horizon Europe finance notamment la compréhension du déclin de la biodiversité et de ses causes, ainsi que la valorisation et la restauration de la biodiversité et des services écosystémiques. Pour un porteur ultramarin, ce cadre est intéressant lorsque le projet produit de la connaissance transférable : protocoles de suivi, méthodes innovantes, données utilisables ailleurs.

Qu’est-ce que le partenariat Biodiversa+ ?

Biodiversa+, le partenariat européen pour la biodiversité, a été développé conjointement par le réseau BiodivERsA et la Commission et lancé officiellement le 1er octobre 2021. Il prévoit six appels conjoints cofinancés, pour un budget estimé à environ 250 millions d’euros. Il réunit 83 programmateurs et financeurs de la recherche et acteurs des politiques environnementales de 41 pays européens et associés, dont l’Agence nationale de la recherche (ANR) pour la France.

Son sixième appel conjoint, BiodivFuture, a été ouvert en juin 2026 avec plus de 30 organismes financeurs de 25 pays. Point essentiel pour un porteur : tous les États membres ne participent pas financièrement à chaque appel. Chaque équipe d’un projet doit respecter les règles d’éligibilité et de financement de l’organisme de son pays. Les appels Biodiversa+ sont souvent plus ciblés que les grands appels du Cluster 6, mais ils imposent de vérifier d’abord les conditions nationales.

Quel avantage pour les régions ultrapériphériques ?

Horizon Europe comporte un volet « Élargir la participation et propager l’excellence » (Widening), destiné à renforcer la recherche dans les territoires moins performants. Selon l’Agence exécutive européenne pour la recherche, les entités éligibles à la coordination de ces actions sont celles de 15 États membres, de 14 pays associés et des régions ultrapériphériques définies à l’article 349 du TFUE.

Concrètement, un organisme établi en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Mayotte, à La Réunion ou à Saint-Martin peut coordonner des actions comme :

  • Twinning : la mise en réseau d’une institution avec des partenaires de premier plan ;
  • Teaming : la création ou la modernisation d’un centre d’excellence ;
  • Hop-on Facility : l’intégration d’une entité d’un territoire Widening dans un projet en cours.

Les programmes de travail 2026-2027 détaillent les appels ouverts. Pour une structure ultramarine qui veut monter en compétence sur la recherche en biodiversité, c’est une porte d’entrée à étudier en priorité.

Comment mobiliser Horizon Europe pour un projet de biodiversité ?

Horizon Europe ne se candidate pas comme une subvention classique. Quelques principes augmentent les chances d’aboutir :

  • Identifier la composante recherche ou innovation. Le programme finance la production de connaissance ou l’expérimentation de solutions nouvelles, pas la simple mise en œuvre d’actions éprouvées.
  • Penser le consortium. La plupart des appels exigent des partenariats transnationaux. Un porteur ultramarin gagne à rejoindre un réseau d’équipes européennes, ou à le coordonner via les actions Widening.
  • S’appuyer sur le point de contact national. Les points de contact nationaux informent, conseillent et orientent les porteurs. Le PCN Bio-Environnement couvre le Cluster 6.
  • Articuler avec d’autres financements. Un volet recherche sous Horizon Europe peut compléter un volet opérationnel financé par LIFE ou le FEDER, à condition de respecter la règle de non double financement.

Un projet ultramarin a des atouts à faire valoir : des écosystèmes que peu de régions européennes peuvent offrir comme terrain d’étude, et des enjeux de conservation reconnus par la Commission. Pour une structure qui débute avec les fonds européens, BESTLIFE2030 constitue souvent une première marche plus accessible.

Et après 2027 ?

Le cadre actuel s’achève fin 2027. Le 16 juillet 2025, la Commission a proposé de poursuivre Horizon Europe sur 2028-2034 avec un budget de 175 milliards d’euros, soit un doublement. Le programme serait étroitement relié au nouveau Fonds européen pour la compétitivité et pourrait porter des projets « moonshot » financés conjointement.

Les négociations avancent :

  • 26 juin 2026 : le Conseil a adopté sa position de négociation partielle sur le paquet Horizon Europe. Il y confirme un programme autonome, étroitement lié au Fonds européen pour la compétitivité et structuré en quatre piliers.
  • Budget : cette position exclut les questions financières. Le budget du programme dépendra de l’accord final sur le cadre financier pluriannuel.
  • Calendrier : selon le Conseil, un accord global d’ici fin 2026 permettrait d’adopter les textes en 2027 et d’éviter toute interruption des financements en janvier 2028.
  • Parlement européen : sa position est en cours d’élaboration.

Le montant de 175 milliards reste donc une proposition, susceptible d’évoluer. La page de la Commission consacrée au budget 2028-2034 permet de suivre l’avancement.

Une réserve s’impose sur la biodiversité elle-même. Les textes en discussion confirment la poursuite du programme, mais ne fixent pas encore la place exacte de la biodiversité, du Cluster 6 ou de Biodiversa+ après 2027. Elle relèvera des futurs programmes de travail.

Ce que cela implique pour les porteurs

À court terme, Horizon Europe est mobilisable dès aujourd’hui via le Cluster 6, Biodiversa+ et, pour les structures ultramarines, les actions Widening. À moyen terme, la continuité du programme est proposée et soutenue par le Conseil, ce qui justifie d’investir dès maintenant dans des partenariats et des compétences durables. Il faut suivre de près les négociations et les futurs programmes de travail, qui préciseront la place réservée à la biodiversité.

Sources

Sources consultées le 16 septembre 2026.

Questions fréquentes

Horizon Europe finance-t-il des projets de biodiversité ?

Oui, lorsqu'ils comportent une dimension de recherche ou d'innovation. La biodiversité relève principalement du Cluster 6 « Alimentation, bioéconomie, ressources naturelles, agriculture et environnement » et du partenariat européen Biodiversa+.

Quel est le taux de financement d'Horizon Europe ?

Les actions de recherche et d'innovation sont financées à 100 % des coûts éligibles. Les actions d'innovation le sont à 70 %, sauf pour les organismes à but non lucratif, qui restent à 100 %.

Les régions ultrapériphériques ont-elles un avantage dans Horizon Europe ?

Oui. Les régions ultrapériphériques figurent parmi les territoires éligibles à la coordination des actions « Widening » (Teaming, Twinning, Hop-on, ERA Chairs), réservées aux pays et régions dont la performance en recherche et innovation est plus faible.

Comment fonctionne un appel Biodiversa+ ?

Biodiversa+ lance des appels conjoints transnationaux, cofinancés par la Commission. Chaque équipe d'un consortium est financée par l'organisme de son pays participant à l'appel et doit respecter ses règles d'éligibilité ; en France, l'Agence nationale de la recherche est partenaire.

Horizon Europe continuera-t-il après 2027 ?

C'est ce que propose la Commission depuis le 16 juillet 2025, avec un budget de 175 milliards d'euros pour 2028-2034. Le Conseil a adopté sa position partielle le 26 juin 2026, hors questions budgétaires. Le montant final dépendra de l'accord sur le cadre financier pluriannuel, que le Conseil souhaite voir conclu fin 2026.

← Toutes les ressources

Contact

Un projet à financer, un événement à organiser, une décision à éclairer ?
Parlons-en.

Un premier échange, sans engagement.
Une réponse sous 48 heures ouvrées.