Retour d'expérience · BESTLIFE2030 · Lauréat du 1er appel

« Plus belles les mares » (saison 1, Bois-Jolan)

À Bois-Jolan, la Ville de Sainte-Anne restaure quatre mares littorales dégradées et remet ces milieux naturels au cœur de la vie du territoire, avec les habitants, les associations et les écoles.

Ce projet a été accompagné par Julien LORTHIOS, fondateur de Freole, dans le cadre de ses précédentes fonctions à l'OFB. Il illustre le type d'accompagnement que Freole propose aujourd'hui.

Projet « Plus belles les mares » (saison 1, Bois-Jolan)

Chiffres clés

Superficie de mares à restaurer
Plus de 8 600 m²
Traitées au 8 juillet 2026
3 mares sur 4
Durée du projet (2024 – 2027)
36 mois
Typha (EEE) à maîtriser, objectif
1 800 m²

Le projet

À Bois-Jolan, sur le littoral de Grande-Terre, quatre mares d'arrière-plage s'alignent sur moins de trois cents mètres et forment un ensemble écologiquement relié. Le site cumule les protections et les enjeux : zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), Espace remarquable du littoral, secteur prioritaire de l'Atlas de la biodiversité communale, géré depuis 2015 par la commune de Sainte-Anne pour le compte du Conservatoire du littoral. Plus de 8 600 m² de plans d'eau y subissent des pressions convergentes : la prolifération du typha (Typha domingensis, une espèce exotique envahissante), la pollution et les macrodéchets, la pression agricole liée au bétail et la sur-fréquentation d'un site très visité.

Le projet « Plus belles les mares » est porté par la Ville de Sainte-Anne, avec l'association Rézilyans 971 comme co-demandeur et opérateur de terrain. Il s'organise autour de trois objectifs : lutter contre les espèces exotiques envahissantes en réduisant puis en retirant le typha, préserver la biodiversité en suivant les stations de faune et de flore à enjeux, et gérer les usages humains par la sensibilisation, la formation et une gouvernance partagée. Les cibles fixées par la candidature sont ambitieuses : restaurer les 8 600 m² de mares, maîtriser 1 800 m² d'espèces exotiques envahissantes, former deux agents communaux et dix propriétaires de mares, sensibiliser vingt agriculteurs et cent vingt scolaires, et toucher dix mille personnes via les médias et les réseaux sociaux.

Ces mares abritent des espèces patrimoniales, dont plusieurs figurent comme menacées sur la liste rouge de Guadeloupe, à l'image de la talève violacée (Porphyrio martinicus), classée en danger. Le projet s'inscrit dans un cadre stratégique dense : Stratégie européenne pour la biodiversité 2030, Stratégie nationale biodiversité 2030, profil écosystémique Caraïbes du programme BEST, Schéma régional du patrimoine naturel et de la biodiversité des îles de Guadeloupe et plan de gestion de Bois-Jolan.

L'accompagnement

Julien LORTHIOS, fondateur de Freole, a accompagné le montage et le dépôt de la candidature BESTLIFE2030 de ce projet, dans le cadre de ses précédentes fonctions à l'Office français de la biodiversité (OFB).

Le protocole mis en œuvre

Face au manque de références sur la gestion du typha, le projet a testé un protocole expérimental qui s'est révélé probant. Il a été élaboré et mis en œuvre par Matthieu NORDEN, du Pôle Relais Zones Humides Tropicales. Le typha est une plante hélophyte : son appareil végétatif a besoin d'être hors de l'eau et exposé à la lumière pour se développer. Le principe consiste donc à faire l'inverse, en maintenant la plante immergée et privée de lumière. Concrètement, la tige est coupée horizontalement sous la surface de l'eau (ou à sa base là où la zone humide contient peu ou pas d'eau), puis affaissée sous l'eau ; la surface traitée est ensuite recouverte d'une bâche opaque pendant au moins trois mois. Ainsi noyés et privés de lumière, tige et rhizomes se dégradent progressivement. Au terme du bâchage, les rhizomes dégradés sont retirés pour éviter le comblement du plan d'eau. La Ville et l'association l'ont d'abord appliqué sous l'œil expert de son concepteur, avant de le conduire de façon autonome, mare par mare.

À ce jour, trois des quatre mares ont été traitées, la quatrième restant à engager. La commune a recruté fin 2025 un responsable de gestion environnementale pour pérenniser le suivi. À chaque opération, l'avifaune fait l'objet d'un suivi dont les données sont partagées avec le Conservatoire d'espaces naturels de Guadeloupe. Le site a par ailleurs accueilli cinquante-quatre professionnels du Conseil des rivages d'Amérique (Antilles, Saint-Martin, Guyane) venus s'approprier le protocole.

Les enseignements de terrain nourrissent un savoir-faire reproductible. Le bâchage doit être maintenu au minimum trois mois pour assurer la décomposition complète des rhizomes : un délai plus court les rend plus difficiles à extraire. La coupe est réalisée idéalement en lune descendante, phase où, selon la pratique traditionnelle, la sève reflue vers les racines, ce qui ralentit la repousse. L'intervention se cale aussi hors des périodes de floraison, pour limiter la dissémination des graines, et de nidification, le typha abritant notamment la poule d'eau. Le choix des bâches et la recherche d'alternatives au plastique font l'objet d'une attention particulière, tout comme la coordination entre le porteur et le co-demandeur et le respect du calendrier.

Cette dimension méthodologique est au cœur du projet : un guide public est prévu et déjà partagé auprès du réseau des gestionnaires d'espaces naturels de la Caraïbe. Le projet mobilise un large partenariat, dont le Pôle Relais Zones Humides Tropicales (Comité français de l'UICN), le Conservatoire d'espaces naturels de Guadeloupe, le Conservatoire du littoral, l'Office de l'eau de Guadeloupe, l'Agence régionale de la biodiversité des îles de Guadeloupe, le bureau d'études Biotope pour le diagnostic initial et des associations locales comme Kaz Biodiversité, en coopération avec le projet REMA II.

Lire le retour d’expérience du PRZHT sur la gestion du typha (PDF)

Projet « Plus belles les mares » (saison 1, Bois-Jolan) (après)
Avant · 26 avril 2024 Après · 8 juillet 2026
Projet « Plus belles les mares » (saison 1, Bois-Jolan)
Programme
BESTLIFE2030
Porteur
Ville de Sainte-Anne, avec l’association Rézilyans 971
Territoire
Bois-Jolan, Sainte-Anne, Grande-Terre (Guadeloupe)
Durée
2024 – 2027 (36 mois, en cours)
Budget total
104 743,41 € (dont 99 506,24 € de subvention BESTLIFE2030)

Le projet en images

Phase travaux · Opération du 17 avril 2025

Portrait de Garry PISIOU
Garry PISIOU Directeur du développement durable et de la prévention des risques Commune de Sainte-Anne (Guadeloupe) · juillet 2026

Au-delà de ses compétences techniques, j'ai apprécié sa manière de travailler : pragmatique, ouverte au dialogue et tournée vers la recherche de solutions adaptées aux réalités du terrain.

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Dans le cadre du projet « Plus Belles les Mares », j'ai eu le plaisir de travailler avec Julien LORTHIOS qui gérait le programme BESTLIFE2030 au sein de l'Office français de la biodiversité. Cette collaboration a été particulièrement enrichissante et a largement contribué au lancement et à la mise en œuvre du projet.

Dès le lancement de l'opération, Julien s'est montré disponible, à l'écoute et toujours prêt à apporter son expertise lorsque nous en avions besoin. Au-delà de ses compétences techniques, j'ai apprécié sa manière de travailler : pragmatique, ouverte au dialogue et tournée vers la recherche de solutions adaptées aux réalités du terrain.

Le projet nous a amenés à échanger régulièrement sur les techniques de restauration des mares, la gestion des espèces exotiques envahissantes, le suivi financier ou encore l'organisation des différentes rencontres avec les partenaires. À chaque étape, il a su apporter un regard pertinent tout en laissant une réelle place aux initiatives de la collectivité. Cette confiance mutuelle a permis d'avancer efficacement et dans un véritable esprit de partenariat.

Ce que je retiens surtout de cette collaboration, c'est la qualité des échanges. Nous partagions le même objectif : restaurer durablement ces milieux naturels tout en impliquant les habitants, les associations et les établissements scolaires. Cette vision commune a facilité le travail collectif et renforcé la dynamique autour du projet.

Grâce à son accompagnement, nous avons pu conforter plusieurs choix techniques, stratégiques et développer une approche qui concilie les enjeux écologiques avec les contraintes d'une collectivité territoriale. Son expérience a été un véritable appui pour faire avancer le projet dans de bonnes conditions.

Je tiens à remercier Julien pour son professionnalisme, sa disponibilité et son engagement. Les relations de confiance que nous avons construites au cours de ce projet montrent combien la collaboration entre un partenaire et les collectivités est essentielle pour mener à bien des actions concrètes en faveur de la biodiversité.

J'espère que nous aurons l'occasion de poursuivre cette collaboration sur de futurs projets, au service de nos territoires.

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