Paiements pour services environnementaux
Rémunérer les agriculteurs non pas pour leurs pratiques, mais pour leurs résultats environnementaux mesurés : haies, mares, couverts, qualité de l'eau. Le porteur du projet n'est pas l'agriculteur : c'est une collectivité, un syndicat d'eau ou un parc, conventionné avec l'agence de l'eau.
- Rémunération max
- 450-900 €/ha/an
- Durée des contrats
- 5 ans
- Régime d'aide
- jusqu'au 31/12/2027
- Prolongation 2025-2027
- ~30 M€/an
- Projets territoriaux
- 130
- Agriculteurs engagés fin 2024
- 3 500
Présentation des PSE
Les paiements pour services environnementaux rémunèrent les agriculteurs pour les services rendus par leurs terres à l'eau, aux sols et à la biodiversité : entretien de haies et de mares, couverts végétaux, prairies permanentes, réduction des intrants. Issus de la mesure 24 du Plan biodiversité de 2018, ils ont été expérimentés de 2021 à 2024 avec 170 M€ portés par les agences de l'eau ; fin 2024, environ 3 500 agriculteurs étaient engagés dans 130 projets territoriaux.
Le Plan eau de mars 2023 a prolongé l'expérimentation jusqu'en 2027, avec environ 30 M€ par an, et l'évaluation nationale pilotée par le CGDD (Commissariat général au développement durable) souligne le succès de l'expérimentation auprès des agences, des porteurs et des agriculteurs (l'efficacité environnementale, elle, fait l'objet d'études encore en cours, avec un rapport intermédiaire attendu en 2026). Les 12es programmes des agences de l'eau (2025-2030) le reconduisent, avec des appels ouverts en ce moment même.
Comment ça marche : un montage à deux étages
Le financement ne va pas directement de l'agence de l'eau à l'agriculteur. Un porteur territorial (collectivité, syndicat d'eau ou de bassin, parc) construit un projet de territoire, signe une convention de mandat avec l'agence de l'eau, puis contractualise avec chaque exploitation : gestion administrative et financière des dossiers, et accompagnement individuel obligatoire des agriculteurs engagés.
La rémunération est calculée chaque année, à l'hectare de surface engagée, sur des indicateurs de performance environnementale répartis en deux familles : la gestion des structures paysagères (haies, mares, infrastructures agro-écologiques) et la gestion des systèmes de production (couverts, prairies permanentes, azote, herbicides, sobriété en eau). Les contrats durent cinq ans dans les appels en cours (le cadre national permet cinq à sept ans).
Montants et plafonds
- Plafonds du régime d'aide, fixés par usage des terres : 600 €/ha/an pour les cultures annuelles, 900 €/ha/an pour les cultures pérennes spécialisées (viticulture, arboriculture), 450 €/ha/an pour les autres utilisations.
- Le guide national plafonne par ailleurs chaque volet : 450 €/ha/an pour la gestion des structures paysagères, 600 €/ha/an pour les systèmes de production.
- Plafonds par exploitation fixés localement : par exemple 100 000 € sur cinq ans dans le bassin Rhône-Méditerranée-Corse, 48 000 € (54 000 € en zone France Ruralités Revitalisation) en Loire-Bretagne.
- L'agence de l'eau finance en général 80 % de la rémunération versée aux agriculteurs, le solde revenant au porteur et à ses partenaires.
- Cadre juridique : régime d'aide exempté SA.115044, applicable du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2027 ; depuis 2025, tout financeur public (collectivités comprises) peut être autorité d'octroi.
Qui peut porter un projet
Les porteurs de projets territoriaux : collectivités et leurs groupements (EPCI ou établissements publics de coopération intercommunale, départements), syndicats mixtes, syndicats d'eau potable et de bassins versants, EPTB et EPAGE (établissements publics territoriaux de bassin et établissements publics d'aménagement et de gestion de l'eau), parcs naturels régionaux, SCIC et GIEE (sociétés coopératives d'intérêt collectif et groupements d'intérêt économique et environnemental). Les bénéficiaires finaux sont les agriculteurs du territoire (les grandes entreprises sont exclues) : ils contractualisent avec le porteur, pas avec l'agence.
Pour une collectivité, le PSE est donc un projet d'ingénierie territoriale à part entière : diagnostic du territoire, choix des indicateurs, animation agricole, gestion des contrats.
PSE et MAEC : complémentaires, jamais cumulés
- Le cumul PSE / MAEC est interdit pour un même exploitant (de même qu'avec les aides à la conversion et au maintien en agriculture biologique), à deux exceptions près : les MAEC pollinisateurs (API) et races menacées (PRM). L'agriculteur choisit l'un ou l'autre.
- Le cumul avec les paiements couplés et les écorégimes de la PAC est possible à condition que les indicateurs PSE aillent au-delà : une même pratique n'est jamais rémunérée deux fois.
- La frontière conceptuelle : la MAEC paie un cahier des charges dans le cadre de la PAC (FEADER, Fonds européen agricole pour le développement rural) ; le PSE paie un résultat mesuré, sur fonds nationaux, hors PAC.
Les appels ouverts (2025-2027)
- Loire-Bretagne : appel à projets PSE 2026, dernière fenêtre de dépôt au 15 octobre 2026 (sélection en février 2027), enveloppe de 40 M€.
- Adour-Garonne : appel à projets PSE sur la reconquête de la qualité des eaux brutes des captages d'eau potable, échéances au 30 novembre 2026 (projets « zéro phyto ») et au 26 février 2027 (tous projets), dépôt sur la plateforme RIVAGE ; porteurs : collectivités responsables de l'eau potable et syndicats mixtes ou établissements publics.
- Rhône-Méditerranée-Corse : la deuxième expérimentation (50 M€) est fermée aux nouveaux entrants : les notes d'intention étaient à déposer avant le 30 novembre 2025 et les opérateurs ont été présélectionnés début 2026 ; le 30 avril 2027 n'est que la date de dépôt des projets finalisés par ces présélectionnés (première campagne d'engagement 2027-2028).
- Les autres agences reconduisent les PSE dans leurs 12es programmes ; le bilan Seine-Normandie fait état de 24 projets, 654 exploitations et plus de 50 M€ mobilisés depuis 2019.
Pas encore un levier ultramarin
Pour un territoire ultramarin, les logiques voisines passent aujourd'hui par d'autres portes : les crédits biodiversité, les appels des offices de l'eau, ou les dispositifs de restauration (Mission Nature, BESTLIFE2030).
Questions fréquentes sur les PSE
Un agriculteur peut-il demander un PSE directement à l'agence de l'eau ?
Non, le montage est indirect : un porteur territorial (collectivité, syndicat d'eau ou de bassin, parc naturel régional, EPTB, EPAGE, SCIC ou GIEE) signe une convention de mandat avec l'agence de l'eau, puis contractualise avec chaque exploitation. L'agriculteur est le bénéficiaire final, les grandes entreprises étant exclues.
Combien un PSE rapporte-t-il par hectare ?
Jusqu'à 600 €/ha/an pour les cultures annuelles, 900 €/ha/an pour les cultures pérennes spécialisées et 450 €/ha/an pour les autres usages, selon le régime d'aide SA.115044. Le guide national plafonne par ailleurs chaque volet (450 €/ha/an pour les structures paysagères, 600 €/ha/an pour les systèmes de production) et chaque bassin fixe un plafond par exploitation, par exemple 100 000 € sur cinq ans en Rhône-Méditerranée-Corse. L'agence de l'eau finance en général 80 % de la rémunération.
Peut-on cumuler un PSE avec une MAEC ?
Non, le cumul PSE / MAEC est interdit pour un même exploitant, comme avec les aides à la conversion et au maintien en agriculture biologique, à deux exceptions près : les MAEC pollinisateurs (API) et races menacées (PRM). Le cumul avec les paiements couplés et les écorégimes de la PAC est possible si les indicateurs PSE vont au-delà : une même pratique n'est jamais rémunérée deux fois.
Quels appels à projets PSE sont ouverts en 2026 ?
Loire-Bretagne, jusqu'au 15 octobre 2026 (enveloppe de 40 M€), et Adour-Garonne sur les captages d'eau potable, aux échéances du 30 novembre 2026 (projets « zéro phyto ») et du 26 février 2027 (tous projets). Rhône-Méditerranée-Corse est fermé aux nouveaux entrants depuis début 2026. Le régime d'aide expire le 31 décembre 2027.
Un PSE est-il possible en Guadeloupe, en Martinique ou à La Réunion ?
Le cadre le permet, mais aucun cas n'existe : le régime d'aide 2025 inclut explicitement l'outre-mer et ouvre l'octroi à tout financeur public, mais aucun PSE porté par un office de l'eau ultramarin n'est documenté à ce jour. Les logiques voisines passent aujourd'hui par Mission Nature, BESTLIFE2030 ou les crédits biodiversité.
Freole à vos côtés
L'accompagnement Freole sur les PSE
Le PSE est l'un des rares dispositifs où le porteur public doit construire à la fois un projet écologique, un cadre contractuel et une animation agricole. Freole accompagne :
- Le cadrage : votre territoire (aire d'alimentation de captage, bassin versant, trame bocagère) relève-t-il d'un PSE, d'une MAEC ou d'un autre montage ?
- Le montage du projet territorial : diagnostic, choix des indicateurs, budget, réponse à l'appel de votre agence de l'eau.
- L'articulation du plan de financement : la part non couverte par l'agence, les cofinancements et la trajectoire au-delà de 2027.